Nous n’imaginons pas tous de la même façon
Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe vraiment dans la tête des autres au moment d’apprendre, de se rappeler un visage, ou simplement d’imaginer ?
On parle d’imaginer comme si cela allait de soi, comme si le même verbe ouvrait la même vie intérieure. Le mot peut faire surgir une scène nette et colorée, ou ne rien montrer du tout, sans que le savoir sur la chose ne disparaisse. C’est cette diversité invisible que l’on nomme le spectre de l’imagerie mentale.

Pensez à une pomme
Le moyen le plus simple de comprendre l’étendue de ces différences reste d’en faire l’expérience. Fermez les yeux une seconde, pensez à une pomme, et observez ce qui apparaît dans votre esprit.
Ici, on explore quatre perspectives, quatre personnes mais une même consigne.
- pomme
Aphantasie
Absence d’imagerie
« Alors, je sais ce que c’est, c’est une pomme quoi. C’est rond, sûrement rouge ou vert et c’est bon, j’aime bien la pomme. Mais rien ne vient vraiment. Moi je pense avec des mots et des faits, pas avec des images ou d’autres sensations. »
Hypophantasie
Imagerie atténuée
« Y a bien un truc qui se forme, pâle, un peu flou. Mais dès que j’essaie de le regarder pour de bon, ça se défait. Je sais ce qu’est une pomme, j’ai même l’impression d’avoir un peu son goût en bouche. Mais c’est très discret et difficile à maintenir. »
Phantasie
La faculté d’imagerie
« Une pomme, ouais. Je la vois, elle est là. Pas nette comme une photo, mais je la vois. Je peux la regarder, la toucher, la sentir, même si elle n’est pas très nette, ça reste un truc dans ma tête quoi. »
Hyperphantasie
Imagerie très vive
« Je vois tout, et très bien : la peau, le reflet, la tige, la feuille… Je m’imagine croquer dedans, son goût et sa texture en bouche. Je peux même m’amuser à la faire tourner dans tous les sens. »
Le test de la pomme, c’est l’exemple qu’on voit partout. Il est usé jusqu’à la corde, et pourtant il marche encore. Une seule consigne pour une infinité de perceptions différentes.
Le spectre de l’imagerie mentale
On a longtemps cru que la visualisation se résumait à une bascule binaire entre voir et ne rien voir. Interroger son entourage montre pourtant que les esprits se répartissent sur une infinité de nuances, depuis l’obscurité complète jusqu’à une netteté quasi photographique.
Le spectre et chacune de ses quatre zones ont leur propre page dédiée : signification, définition précise, et proportions de personnes concernées. Une encyclopédie en cinq volets.
- Aphan
tasieEnviron une personne sur cent - Hypo
phantasieEnviron trois personnes sur cent - PhantasieEnviron quatre-vingt-dix personnes sur cent
- Hyper
phantasieEnviron six personnes sur cent
Aphantasie
Le préfixe a- privatif, pour « absence ».
La pensée passe par les mots et par les faits. Aucune image ne vient quand on la demande, alors que le savoir sur la chose reste entier.
En savoir plus sur Aphantasie(s’ouvre dans un nouvel onglet)Hypophantasie
Le préfixe hypo- pour « sous, au-dessous ».
Une image se forme, pâle et brève, et elle se défait au moment précis où l’on veut la regarder.
En savoir plus sur Hypophantasie(s’ouvre dans un nouvel onglet)Phantasie
Le grec phantasia nomme l’image mentale.
Les images viennent quand on les appelle, avec une netteté qui varie beaucoup d’une personne à l’autre.
En savoir plus sur Phantasie(s’ouvre dans un nouvel onglet)Hyperphantasie
Le préfixe hyper- pour « au-dessus, au-delà ».
Une imagerie si vive qu’elle approche la perception, et qu’il est parfois difficile de mettre en pause.
En savoir plus sur Hyperphantasie(s’ouvre dans un nouvel onglet)
La première association française sur le spectre de l’imagerie mentale
En 2021, on s’est rendu compte qu’en France, l’aphantasie n’existait pas dans le débat public. Il n’y avait pas de lieu pour en parler, presque aucune visibilité pour celles et ceux qui la découvraient, et l’essentiel des connaissances restait écrit en anglais. À deux, on a ouvert un espace dédié, entre traduction et vulgarisation, pour que le sujet ait une place ici, qu’on en parle, et que la recherche s’y intéresse.
Aujourd’hui, Aphantasia Club est une communauté où l’on se retrouve pour partager ses expériences et mettre enfin des mots sur son paysage intérieur. On y organise des rencontres, et l’on y arrive avec son vécu et ses questions. Quatre objectifs portent cette mission :
Rassembler
Créer un espace où se rencontrer, échanger et se sentir compris. Une communauté pour partager son vécu, poser ses questions et avancer ensemble, sans jugement.
Sensibiliser
Faire connaître l’aphantasie, l’hyperphantasie et toutes les façons de penser et d’imaginer. Les expliquer simplement pour qu’elles soient mieux comprises au quotidien, à l’école ou au travail.
Détecter
Aider chacun à mieux comprendre son fonctionnement mental grâce à des outils accessibles. Aphantasia Club propose des repères clairs et, si besoin, une orientation vers les bonnes ressources.
Chercher
Encourager et soutenir les études sur l’imagerie mentale ainsi que contribuer à faire progresser les connaissances. On facilite les échanges entre la communauté et les chercheurs, pour mieux comprendre la diversité de nos fonctionnements mentaux.
L’aphantasie n’est pas une maladie.
Il n’y a rien à soigner ni à corriger. L’aphantasie est une neurodivergence, une façon naturelle de fonctionner qui s’écarte de celle de la majorité sans constituer un défaut. Comme la manière d’utiliser une main plutôt que l’autre ou le fait d’avoir l’oreille absolue, cette variation participe à la diversité humaine et s’accompagne de ses propres équilibres.
Lire les malentendus les plus courantsA-Quest, le questionnaire d’imagerie mentale
Les tests tiennent une place essentielle dans le parcours de l’aphantasie : la plupart d’entre nous l’ont découverte en répondant à l’un d’eux (la pomme, l’étoile, on les connaît hein !). Tous reposent sur l’introspection, et le mot comme l’idée d’un « petit test » nous ont toujours gênés. S’interroger et se découvrir a du sens, et cette démarche mérite un vrai questionnaire, construit avec rigueur scientifique et relu avec soin.
A-Quest explore votre imagerie mentale sur plusieurs sens, avec l’effort, le contrôle, les rêves et les souvenirs, puis vous renvoie une synthèse personnalisée et indicative de votre façon d’imaginer. Chercheurs et personnes concernées l’ont écrit ensemble avec Aphantasia Club, et chaque réponse aide la recherche à mieux décrire le spectre.
- Gratuit et ouvert à toutes et à tous
- Ni nom ni adresse e-mail demandés
- Une synthèse de votre profil à la fin
Rejoindre la communauté
Réunir les personnes concernées est un objectif inscrit dans nos statuts, et dans la pratique cela ressemble à une conversation qui ne s’arrête jamais vraiment. On y compare des expériences sans avoir à prouver quoi que ce soit. Beaucoup y découvrent qu’ils ne sont pas seuls à fonctionner comme ça, et parfois qu’un proche non plus.
- Discord
Discord
Là où l’on discute au quotidien, entre personnes aphantasiques, phantasiques, hyperphantasiques, et proches venus comprendre.
Instagram
De la vulgarisation en images, des appels à participation, et les annonces de rencontres.
- La lettre
La lettre
Le mois de l’association, en images et en quelques paragraphes. On la lit ici, ou on la reçoit par e-mail.
Facebook
Les mêmes annonces, pour celles et ceux qui n’utilisent pas Instagram.
Recevoir La lettre par mail
Adhésions et dons, bientôt de retour
Pour le moment, l’association ne collecte ni cotisation, ni adhésion, ni don. Ces démarches sont en cours de réorganisation. On vous préviendra ici, et sur nos réseaux, dès que ce sera de nouveau possible.
- (s’ouvre dans un nouvel onglet)
Rejoindre la conversation
Racontez votre expérience sur Discord, sans avoir à prouver quoi que ce soit, auprès de personnes qui fonctionnent comme vous ou qui cherchent à comprendre.
- (s’ouvre dans un nouvel onglet)
Faire circuler une publication
Un partage autour de vous aide quelqu’un qui n’a pas encore de mot pour ça à découvrir qu’il n’est pas le seul.
- (s’ouvre dans un nouvel onglet)
Répondre à A-Quest
Le questionnaire est ouvert, et chaque réponse aide à mieux décrire le spectre plutôt qu’à le réduire à un camp.
On est aussi autour de la table
On ne se contente pas de relayer les publications. On échange avec les équipes, on répond aux questions des chercheurs, et on fait remonter ce que la communauté vit au quotidien pour que les protocoles en tiennent compte.
Ces études ont besoin de participants
Les équipes nous envoient leurs protocoles, et on les publie pour que vous puissiez écrire directement à celles qui recrutent.
Inner Experience Lab
Université Lumière Lyon 2
En ligne · 30 à 50 minutes
Alexithymie, questionnaires en ligne
Université Lumière Lyon 2
En ligne · 20 minutes · Non rémunérée
Mémoire des couleurs et EEG, à Lyon
Université Lumière Lyon 2
Sur place · 3 heures · Rémunérée
Ils portent ce travail avec nous
Des organismes de recherche, des universités, des hôpitaux et un festival accompagnent l’association et le projet A-Quest, chacun à sa place, depuis les bancs d’un laboratoire jusqu’aux ateliers ouverts au public.

Inserm
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CNRS
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Agence nationale de la recherche
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Université Bourgogne Europe
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Université Claude Bernard Lyon 1
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Hospices civils de Lyon
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CHU Dijon Bourgogne
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Festival TURFU
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Ce que l’on nous demande le plus souvent
Les questions pratiques, celles qui reviennent le plus souvent dans nos messages et sous nos publications. Pour tout ce qui touche à la science, l’encyclopédie du spectre répond plus en détail, et la page de l’association raconte qui nous sommes, comment nous faire intervenir et comment nous soutenir.
Comment savoir si je suis aphantasique ?
Le questionnaire A-Quest est un test en ligne qui explore votre imagerie mentale sur plusieurs sens et vous renvoie une synthèse lisible de votre façon d’imaginer. Sa validation scientifique est encore en cours, et au bout du compte, c’est vous qui reconnaissez votre expérience dans ce qu’il décrit.
Peut-on être aphantasique sans le savoir ?
Oui, et c’est même le cas le plus fréquent. Beaucoup le découvrent à l’âge adulte, au détour d’une conversation ou d’un article. Tant qu’on n’a pas le mot, rien ne pousse à comparer sa propre expérience à celle des autres.
Combien de personnes sont aphantasiques ?
On estime qu’environ 1 % de la population a une aphantasie totale, et qu’autour de 3 % ont une hypophantasie (imagerie atténuée). Ce pourcentage de personnes varie selon les études et la définition exacte employée, mais cela représente un nombre de personnes très important à l’échelle mondiale. L’immense majorité de la population se trouve cependant dans la zone centrale du spectre, la phantasie.
Y a-t-il un lien entre l’aphantasie et l’autisme ?
L’aphantasie et le spectre de l’autisme (ou syndrome d’Asperger) sont deux neurodivergences distinctes. Bien que certaines études suggèrent qu’une proportion légèrement plus importante de personnes autistes pourrait aussi être aphantasique, l’une n’implique pas l’autre. On peut être aphantasique sans être autiste, et inversement.
Quelles sont les causes de l’aphantasie ?
Dans l’immense majorité des cas, l’aphantasie est de naissance (origine congénitale). La piste génétique est très forte, car elle est souvent partagée au sein d’une même famille. Il existe aussi de rares cas d’aphantasie acquise, où la perte d’imagerie survient plus tard au cours de la vie à la suite d’un événement psychologique ou neurologique.
L’aphantasie est-elle reconnue comme un handicap ?
Non, il n’existe en France ni reconnaissance administrative ni aménagement spécifique. Simplement parce que l’aphantasie, l’hypophantasie et l’hyperphantasie ne sont pas considérées comme des handicaps en tant que tels. Elles peuvent toutefois avoir des conséquences sur certains aspects de la vie quotidienne. Mieux comprendre son fonctionnement mental permet alors de mieux s’y adapter et de vivre plus sereinement avec ses neurodivergences.
Que devient ce que je réponds au questionnaire ?
Le questionnaire ne demande ni nom ni adresse e-mail. Un code de reprise permet de retrouver une session interrompue, et certaines combinaisons de réponses rares restent théoriquement reconnaissables. Nous ne promettons donc pas un anonymat absolu. Les réponses servent aux travaux du consortium A-Quest. Le détail figure dans les pages de consentement et de confidentialité du questionnaire.
On vous lit, on vous répond
Écrivez-nous par email, que ce soit une question, l’envie de raconter votre expérience, une demande média ou une invitation à intervenir. Tout arrive dans la même boîte, et on répond à tous les messages du mieux qu’on peut !
Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et les informations publiées ici sont indicatives. Elles ne constituent en aucun cas un diagnostic ou un avis médical. Si quelque chose vous inquiète dans votre quotidien, parlez-en à un professionnel de santé.