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Hyperphantasie

Une image qui va jusqu’au bout, et qui reste

Vous pensez à une pièce familière, et le lieu est là, tout de suite. Boiseries, grain du tissu, poussière dans un rai de soleil. Le ressenti est celui d’un regard, alors que vous savez très bien que vos yeux sont fermés. À ce bout de l’échelle, l’image approche le réel, facile à appeler et nettement plus difficile à interrompre.

Ce que ça fait, de l’intérieur

Le revers tient dans la même faculté. Une image de cette force s’invite sans permission, puis refuse de s’éteindre sur commande. L’échelle s’arrête ici, et l’expérience, elle, continue de monter.

En quelques points

Combien de personnes
Environ six personnes sur cent, avec le découpage le plus employé. D’autres relevés comptent de trois à onze, selon la hauteur de la barre.
Nommée en 2020
Cinq ans après l’autre extrémité, dans la publication qui installe le vocabulaire du spectre entier.
Une seule voisine
La phantasie à gauche, et le plafond de l’échelle à droite. Cette butée complique la mesure bien plus qu’on ne le croit.
Deux faces indissociables
Une aisance pour se souvenir, lire, anticiper, doublée d’images qui s’imposent sans avoir été demandées.
Une variation naturelle
Le vocabulaire scientifique décrit une variation cognitive, une façon d’explorer le monde parmi d’autres.

Ce que ça fait, de l’intérieur

Reprenez la pièce familière. Les éclats de soleil sur le plancher, la poussière qui danse dans le rai, le grain du tissu sous une main que vous n’avez pas bougée. Vous savez que vos yeux sont fermés, et le ressenti est celui d’un regard direct, presque.

Cette intensité a une contrepartie que les récits enthousiastes oublient souvent. Un souvenir douloureux, un passage de roman ou une angoisse furtive s’installent avec la même netteté qu’un tableau choisi, puisque le même circuit sert à tout.

Presque tous les témoignages racontent cette double face, une grande aisance pour concevoir, lire, anticiper et revivre, et un mal constant à congédier les images qu’on préférerait ne jamais voir.

L’épreuve de la flamme

Allumez une allumette dans le noir, les yeux fermés. Regardez la mèche noircir, le bleu vif à la base du feu, la fumée grise qui tourbillonne, l’éclat doré qui vient mordre vos doigts. Si la scène s’impose avec la présence d’une vraie flamme, au point que la main recule un peu, vous êtes du côté de l’hyperphantasie.

Voir net ne prouve rien sur l’exactitude. Le cerveau comble les manques et invente des textures avec une force de persuasion qui trompe d’abord celui qui regarde.

La frontière avec la zone voisine se passe sans marche biologique. Visualiser des formes très précises ne suffit pas pour la franchir. Ce qui marque l’extrémité haute, c’est le volume poussé à fond, et une présence tenace qui s’installe sans qu’on l’ait appelée.

Comment se fabrique une image mentale

Le cerveau fabrique chaque image à la demande. Il prend pour cela les circuits de la vue à rebours. L’information ne monte plus des yeux vers l’arrière du crâne. L’ordre part des zones frontales de l’attention et redescend réveiller les régions visuelles.

Sur ce trajet, le lobe temporal choisit et met en scène, et les aires visuelles livrent la lumière et les textures.

En hyperphantasie, le cerveau pousse le volume à fond sur ce circuit que tout le monde partage. Le signal arrive assez fort pour rivaliser avec la perception. De là l’aisance à évoquer, et de là aussi le mal à éteindre.

Comment ces images ne sont-elles pas confondues en permanence avec le monde extérieur, puisque le même réseau sert à regarder et à imaginer ? Le cerveau tranche sur la force brute du signal. Au-dessus d’un certain niveau, la scène est classée comme venant du dehors, et une imagerie exceptionnelle vient frôler cette ligne.

En laboratoire, des volontaires prennent parfois une image mentale pour une faible lueur réelle, ou attribuent à leur seule imagination un signal extérieur bien réel.

L’effet se mesure sur des lueurs minuscules, dans des tâches très contraintes. Rien d’une hallucination. Dans une journée ordinaire, l’esprit sait tout de suite d’où vient la scène et ne la confond pas avec la pièce autour.

Des tendances mesurées sur des groupes

Ces circuits sont décrits à partir de comparaisons entre petits groupes de volontaires. Ils dessinent le plan général. Le câblage d’une personne en particulier reste hors de portée de ces moyennes.

Au quotidien

Une imagerie de cette intensité se glisse partout. Elle va des gestes les plus ordinaires, du roman ouvert le soir, jusqu’au moment d’éteindre la lumière.

Chaque pensée arrive avec son décor, ses lumières et ses acteurs, si bien que lire ou concevoir devient un plaisir de metteur en scène. La même vivacité impose une vigilance que l’entourage soupçonne rarement.

Lire comme on regarde un film
Une ligne de description suffit, et le décor se déploie. Visages, lumières et reliefs s’animent, parfois au point d’éclipser la ligne imprimée sous les yeux.
Revivre une scène plutôt que s’en souvenir
Les épisodes passés reviennent avec leur atmosphère, leur température et leurs ombres. La section sur le souvenir s’y attarde.
Anticiper dans les moindres détails
Préparer un itinéraire, agencer une pièce ou dessiner un objet dans sa tête se fait avec une facilité déconcertante. Quand une inquiétude surgit, le scénario redouté se joue avec la même force, et aussi vite.
L’épreuve de l’extinction
Faire taire une image coûte plus cher que de la faire naître. Lutter de front contre une forme intrusive avive souvent ses contrastes, surtout le soir. Remplacer la vision par un récit audio, de la musique ou des mots calme mieux la scène que de la combattre.
Le tri préventif des images
Éviter les films d’horreur ou les récits traumatiques devient un réflexe d’hygiène, car ce qui a été vu une fois risque d’être rejoué pendant des semaines, avec la netteté du direct.
Une intensité invisible pour les proches
Rien ne trahit ce cinéma depuis l’extérieur. L’entourage ignore souvent tout de la scène intérieure, les facilités qu’elle offre comme la fatigue qu’elle peut laisser.

Se souvenir en haute définition

Se replonger dans un souvenir plutôt que d’en consulter la fiche reste la marque la plus nette de cette zone.

Connaître un fait et revivre un épisode sont deux registres. En hyperphantasie, le second prend toute la place. Un souvenir personnel se rejoue avec son cadrage, ses textures et l’émotion du moment, là où une note d’archive se contenterait de la date.

Quand les chercheurs font raconter un souvenir à voix haute et comptent chaque détail, cette extrémité en livre nettement plus que la moyenne, là où l’aphantasie en produit moins. Le surplus porte sur le décor, et la trame des faits, elle, ne bouge pas.

Le corps suit. Lire une histoire effrayante suffit à faire réagir la peau, et la réaction grandit avec la vivacité de l’imagerie, alors qu’une photographie réelle ne creuse plus aucun écart entre les groupes. L’image intérieure porte une charge que la vue d’un cliché n’égale pas.

Deux personnes lisent la même phrase d’un roman. La première voit des mots. La seconde est déjà dans la pièce décrite, avec la température de l’air et l’angle du soleil, et cette porte trop facile à ouvrir et trop lente à refermer donne à l’hyperphantasie son aisance comme son coût, bien avant qu’un questionnaire ait eu le temps de saturer.

L’irruption d’un décor ancien

Un accord de guitare dans la rue, et tout un après-midi d’enfance revient d’un bloc, avec l’angle du soleil et le froid du carrelage sous les pieds. Le souvenir s’est ranimé tout seul, et tout l’effort va dans la porte à refermer.

Mémoire du passé et projection du futur
Se rappeler hier et échafauder demain mobilisent en grande partie le même atelier cérébral. À cette extrémité, une scène à venir s’anime avec la consistance d’un souvenir, espoir ou panique compris.
Des réminiscences qui refusent de s’effacer
Un souvenir qui remonte sans prévenir, tout le monde connaît. La différence tient ici à la définition du rendu, car un événement éprouvant revient avec la même fidélité visuelle qu’un jour de fête.
La trame des faits se passe d’images
Retrouver une date, une adresse ou l’ordre des événements ne demande aucune image. Revivre une scène en grand ne change rien à cette mémoire-là, qui reste au niveau de n’importe qui.

L’illusion d’un souvenir parfait

Revivre un événement avec cette netteté ne garantit rien sur son exactitude. Le cerveau reconstruit le passé à chaque rappel et y glisse ses propres retouches sans prévenir. Les dimensions voisines, plus bas, disent d’où vient cette certitude trompeuse.

D’où vient le mot

Le mot est plus jeune que celui du bas du spectre. L’absence d’imagerie visuelle reçoit son nom en 2015, forgé sur le grec avec un préfixe privatif.

Cinq ans plus tard, la même équipe baptise le haut. Le mot souche « phantasie » désigne désormais tout le continuum, et l’hyperphantasie hérite du préfixe grec de l’excès.

Cette publication s’appuie sur des milliers de témoignages arrivés spontanément après un appel public relayé dans le monde entier. Le travail cartographie les vécus avec finesse, et laisse la question du nombre à des relevés construits autrement.

La définition commune

L’aphantasie est définie comme « l’absence ou la réduction marquée de l’imagerie sensorielle volontaire », et l’imagerie comme « l’expérience quasi sensorielle d’une chose, le plus souvent quand elle n’est pas là ». L’hyperphantasie en est l’inverse, une imagerie d’une force peu commune, dont on dit qu’elle rivalise avec la vivacité de ce qu’on voit vraiment. Le mot « volontaire » n’est pas là par hasard, puisque des images peuvent surgir sans avoir été appelées, dans un rêve ou en un éclair, même quand rien ne vient à la demande.

Une énigme vieille d’un siècle

Savoir si une image mentale peut rivaliser avec la perception intrigue les psychologues depuis le dix-neuvième siècle. Les travaux récents ramènent la question à un seuil d’intensité du signal, au-delà duquel le cerveau range une scène du côté du dehors.

Comment on la délimite

Le VVIQ demande d’imaginer seize scènes et de noter chacune de 1 à 5, pour un total entre 16 et 80. L’hyperphantasie occupe les tout derniers points. Certains chercheurs exigent même un sans-faute, seize fois la note la plus haute.

D’où un effet de plafond. L’instrument s’arrête à 80 et range sous le même score des profils dont l’intensité continue de grimper bien au-dessus.

Le style de réponse brouille encore la ligne. Cocher la note maximale d’un geste traduit parfois un enthousiasme de plume plus qu’une imagerie hors norme, et le résultat grimpe au sommet sans que le quotidien en porte la trace.

Avec le découpage le plus employé, cette zone rassemble environ six personnes sur cent. D’autres relevés comptent de trois à onze, selon la hauteur de la barre et la façon de recruter.

Ces chiffres ne se contredisent pas, car chacun mesure une frontière posée à un endroit différent du même dégradé. Pour se situer, la description du vécu reste un guide plus sûr qu’un total.

Le questionnaire A-Quest propose une approche francophone à part. Ses seuils sont des règles de produit, provisoires, sans lien avec les barèmes de laboratoire cités sur cette page.

Cette extrémité reste la moins outillée du spectre. Elle fascine, et les protocoles manquent encore d’instruments assez fins pour la sonder.

  • Des outils empruntés

    Le VVIQ existe en version 2 traduite en français, et le Psi-Q sonde sept sens à la fois. L’échelle SUIS, consacrée aux images qui s’imposent sans invitation, est ici la plus parlante, et elle reste peu utilisée.

  • Dépasser le plafond du déclaratif

    Chronométrer le temps qu’il faut pour comparer mentalement deux objets complexes donne un indice d’une autre nature. La mesure continue au-delà de 80 et ne demande à personne de se noter soi-même.

L’apport visé par A-Quest

Concevoir un outil francophone qui interroge en même temps plusieurs sens, l’effort demandé, le degré de contrôle et la survenue d’images intrusives. Ce dernier volet compte double pour l’hyperphantasie. La validation de l’outil est encore en cours.

Ce qu’on sait, et sur quoi ça repose

Les connaissances penchent d’un côté du spectre. Nommée plus tard, l’hyperphantasie a mobilisé moins d’équipes, et une bonne part des données vient encore de volontaires qui se décrivent eux-mêmes.

  • Un compromis anatomique inattendu

    Un cortex visuel primaire plus petit va de pair, en moyenne, avec des images déclarées plus vives mais moins précises dans l’espace. L’image qui vient est celle d’un amplificateur réglé très haut, car plus cette région est excitable, plus le signal sort fort.

  • Une connectivité fronto-visuelle renforcée

    Au repos, les régions frontales de commande et le réseau visuel battent davantage ensemble dans le groupe qui visualise très fort que dans celui qui ne visualise pas, avec de larges écarts à l’intérieur de chaque groupe.

  • L’extrémité haute étudiée pour elle-même

    Les protocoles consacrés à l’hyperphantasie pour elle-même restent rares. L’un des plus parlants sépare l’aspect des objets et la représentation de l’espace, et une excellente imagerie d’objets n’y donne aucun avantage pour se repérer.

  • Le coût mesuré des intrusions

    Une imagerie volontaire puissante vient avec des images involontaires plus fréquentes, plus insistantes, parfois pénibles. Le revers est établi, ses causes exactes ne le sont pas encore.

Un socle empirique plus jeune

L’aphantasie a derrière elle une décennie de protocoles physiologiques qui se passent du déclaratif. L’hyperphantasie compose avec des seuils débattus et des volontaires qui se sont présentés d’eux-mêmes. Le plafond des échelles cache encore une bonne part de ce qu’il y aurait à voir.

Les dimensions voisines

Une imagerie visuelle très vive ne dit rien des autres facultés, qui se mesurent chacune de leur côté.

« N’est-ce pas un avantage absolu ? »

La question suppose qu’un score maximal déborde sur tout le reste de la cognition. Les données disent l’inverse, avec par exemple une précision spatiale souvent moindre quand l’image est très vive. Chaque zone a ses atouts et ses fragilités.

L’illusion du souvenir parfait
La netteté d’un souvenir ne garantit pas sa véracité. La mémoire remonte chaque scène au moment du rappel, à partir de morceaux et de ce que la personne est devenue depuis. Une image éclatante vient avec une certitude intime qui masque des erreurs bien réelles.
La géométrie de l’espace
Savoir s’orienter, estimer une distance ou retenir un plan repose sur un autre réseau que celui des couleurs et des textures. Les deux talents bougent chacun de leur côté.
L’autonomie des autres sens
Une imagerie visuelle éclatante laisse l’ouïe, l’odorat ou le toucher intérieurs à leur propre niveau. On croise souvent une vision intérieure spectaculaire à côté d’une oreille intérieure presque muette.
L’involontaire et le volontaire
Les images spontanées n’empruntent pas la même voie que l’effort volontaire. Plus fréquentes et plus vives à cette extrémité, ces irruptions suivent leur propre axe, que les tests d’imagerie volontaire ne mesurent pas.
L’indépendance de la créativité
Bâtir une œuvre, résoudre un problème ou monter une stratégie n’exige aucune image. L’hyperphantasie ajoute une palette, elle ne fait pas l’artiste.

Les malentendus les plus courants

L’extrémité haute attire les fantasmes les plus tenaces, les récits flatteurs qui en font un don comme les raccourcis qui en font une instabilité permanente.

  • « C’est un don prodigieux, un talent supérieur. »

    L’hyperphantasie est une position sur un dégradé. Elle donne une aisance à simuler des décors, et elle se paie devant les images qui s’imposent.

  • « Vous possédez une mémoire photographique. »

    Voir net n’empêche jamais le cerveau d’inventer. Le souvenir se remonte à chaque rappel, et une scène revue avec une clarté éclatante contient autant de pièces recollées qu’un souvenir flou.

  • « Vous êtes forcément un artiste ou un créatif né. »

    Les métiers de l’image attirent davantage de profils de cette zone, ce qui ne fait pas une règle, et la pensée abstraite, l’écriture ou le raisonnement se portent très bien sans la moindre image.

  • « Vous confondez continuellement l’imagination et la réalité. »

    L’esprit sait d’où vient le signal. Les hésitations relevées par la recherche apparaissent dans des tâches de laboratoire, sur des lueurs à la limite du visible.

  • « Vous vous orientez mieux dans l’espace que les autres. »

    Reconstituer l’aspect d’un meuble et savoir où il se trouve dans la pièce font appel à deux systèmes. Le premier n’aide en rien le second.

  • « C’est l’exact opposé symétrique de l’aphantasie. »

    Les deux extrémités racontent des histoires différentes. Nommée plus tard, l’hyperphantasie a sa propre neurobiologie et pose ses propres questions, que l’on ne déduit pas en retournant celles de l’absence d’images.

Questions fréquentes

  • L’hyperphantasie représente-t-elle un avantage absolu ?
    Elle apporte un vrai confort pour lire, concevoir et anticiper. Le même éclat rend les images pénibles et les scènes inquiétantes particulièrement tenaces, si bien que l’avantage arrive toujours avec sa facture.
  • S’agit-il d’une forme de mémoire photographique ?
    Non, une scène mentale, même spectaculaire de précision, reste remontée par le cerveau au moment du rappel. La netteté ne dit rien de l’exactitude des faits.
  • Existe-t-il un risque de confondre le réel et l’imaginaire ?
    Au quotidien, vous savez tout de suite ce qui vient du dehors. Ce fonctionnement n’a rien d’une hallucination. Les rares hésitations mesurées tiennent à des conditions de laboratoire, sur des stimulus à la limite du perceptible.
  • Mes souvenirs sont-ils plus fiables que la moyenne ?
    Ils sont en général plus riches en détails sensoriels. Ils ne sont pas plus fidèles, et la conviction que donne une image éclatante ne protège pas des faux souvenirs.
  • J’ai obtenu le score maximal partout, est-ce certain ?
    Les questionnaires d’auto-évaluation saturent vite à leur plafond, et un peu d’enthousiasme dans la notation suffit à pousser le score au sommet. Fiez-vous d’abord à ce que vous vivez, la section sur la délimitation dit pourquoi.
  • Pourquoi l’hyperphantasie est-elle moins documentée que l’aphantasie ?
    Parce qu’elle a reçu son nom cinq ans plus tard et a suscité moins d’études. L’absence totale d’images frappait davantage les chercheurs, et l’extrémité haute est restée au second plan.
  • Que faire si certaines images intérieures deviennent envahissantes ?
    Basculer l’attention sur un livre audio, de la musique ou l’écriture calme souvent la scène mieux qu’un combat de front. Si des images douloureuses s’imposent et pèsent sur votre quotidien, un professionnel de santé est le bon interlocuteur.

Les zones à côté

  • PhantasieÀ gauche, la grande zone centrale, celle de la majorité. L’image y répond, se laisse retoucher et règle sa netteté à la demande. On peut y visualiser avec beaucoup d’éclat sans toucher cette extrémité.
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Sources

Les travaux dont on s’est servi pour écrire cette page. La mention après chaque référence dit ce qu’elle permet d’affirmer.

Mise à jour le · 18 septembre 2026

  1. Wright, D. J., Scott, M. W., Kraeutner, S. N. et collègues (2024). An international estimate of the prevalence of differing visual imagery abilities. Frontiers in Psychology, 15, 1454107.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Estimation internationale en quatre zones, sur 3 049 personnes puis sur un ensemble regroupé de 9 063 personnes. Tous les pourcentages cités sur ces pages viennent de cet échantillon.

  2. Jin, F., Hsu, S.-M. et Li, Y. (2024). A systematic review of aphantasia: concept, measurement, neural basis, and theory development. Vision, 8(3), 56.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Revue systématique des définitions concurrentes, des instruments et des limites méthodologiques du champ. Utile pour cerner ce qui reste ouvert.

  3. Zeman, A., Milton, F., Della Sala, S. et collègues (2020). Phantasia, the psychological significance of lifelong visual imagery vividness extremes. Cortex, 130, 426-440.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Grande enquête sur les deux extrémités, qui nomme l’hyperphantasie et reprend « phantasie » pour la faculté d’imaginer. Les personnes se sont présentées d’elles-mêmes après un appel public, si bien que le texte fait autorité sur les vécus et laisse les fréquences à d’autres relevés.

  4. Zeman, A. (2024). Aphantasia and hyperphantasia: exploring imagery vividness extremes. Trends in Cognitive Sciences, 28(5), 467-480.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Synthèse récente des deux extrémités. À l’échelle des groupes, le souvenir revécu tend à s’amincir en bas du spectre et à s’enrichir en haut.

  5. Monzel, M., Mitchell, D., Macpherson, F., Pearson, J. et Zeman, A. (2022). Proposal for a consistent definition of aphantasia and hyperphantasia. Cortex, 152, 74-76.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Prise de position collective sur la définition des deux extrémités. Texte court de discussion, cosigné par plusieurs équipes du domaine.

  6. Liu, J., Zhan, M., Hajhajate, D., Spagna, A., Dehaene, S., Cohen, L. et Bartolomeo, P. (2025). Visual mental imagery in typical imagers and in aphantasia: a millimeter-scale 7-T fMRI study. Cortex, 185, 113-132.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Imagerie cérébrale à très haute résolution pendant une tâche d’imagerie volontaire. Décrit un relais temporal et sa mise en relation avec les régions de contrôle, au niveau des groupes.

  7. Dijkstra, N., Mazor, M. et Fleming, S. M. (2024). Confidence ratings do not distinguish imagination from reality. Journal of Vision, 24(5), 13.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Travaux sur la frontière entre imaginer et percevoir. Les erreurs décrites apparaissent dans des tâches de laboratoire très contraintes.

  8. Wicken, M., Keogh, R. et Pearson, J. (2021). The critical role of mental imagery in human emotion: insights from fear-based imagery and aphantasia. Proceedings of the Royal Society B, 288(1946), 20210267.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Mesure de la conductance de la peau pendant la lecture d’une histoire effrayante, puis devant des photographies. La réaction du corps suit l’image mentale et ne change plus devant l’image réelle.

  9. Addis, D. R., Wong, A. T. et Schacter, D. L. (2007). Remembering the past and imagining the future: common and distinct neural substrates during event construction and elaboration. Neuropsychologia, 45(7), 1363-1377.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Montre que se rappeler un épisode passé et en imaginer un à venir mobilisent en grande partie le même assemblage. Résultat de groupe en imagerie cérébrale, sans rapport avec le spectre de l’imagerie.

  10. Zeman, A., Dewar, M. et Della Sala, S. (2015). Lives without imagery, congenital aphantasia. Cortex, 73, 378-380.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Lettre qui introduit le mot « aphantasie », à partir du cas d’un patient ayant perdu son imagerie visuelle. À citer pour le vocabulaire qu’elle fonde.

  11. Marks, D. F. (1973). Visual imagery differences in the recall of pictures. British Journal of Psychology, 64(1), 17-24.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Article fondateur du questionnaire de vivacité de l’imagerie visuelle. Rappelle que l’outil mesure un ressenti déclaré, et qu’il a été conçu pour comparer des personnes entre elles.

  12. Blomkvist, A. et Marks, D. F. (2023). Defining and “diagnosing” aphantasia: condition or individual difference? Cortex, 169, 220-234.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Critique argumentée des seuils retenus dans la littérature, cosignée par l’auteur du questionnaire de référence. Sert à dire que les frontières sont des conventions discutées.

  13. Suggate, S. P. (2024). Beyond self-report: measuring visual, auditory, and tactile mental imagery using a mental comparison task. Behavior Research Methods, 56(8), 8658-8676.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Article de méthode, qui montre que l’échelle visuelle de référence s’en tient à un sens et à une poignée de scènes, et propose une tâche chronométrée pour la remplacer. Sert à parler des limites des questionnaires.

  14. Ceschi, G. et Pictet, A. (2018). Questionnaire sur la vivacité de l’imagerie visuelle, version 2 en français, annexe 7 de Imagerie mentale et psychothérapie. Mardaga.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Version francophone de l’instrument, utile pour comparer les formulations. Annexe d’ouvrage, seule référence de cette liste sans identifiant DOI.

  15. Andrade, J., May, J., Deeprose, C., Baugh, S.-J. et Ganis, G. (2014). Assessing vividness of mental imagery: the Plymouth Sensory Imagery Questionnaire. British Journal of Psychology, 105(4), 547-563.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Validation d’un questionnaire qui note la vivacité déclarée sur sept canaux sensoriels, comparé au VVIQ-2 et à l’échelle des images spontanées. Sert à décrire le paysage des instruments.

  16. Keogh, R., Bergmann, J. et Pearson, J. (2020). Cortical excitability controls the strength of mental imagery. eLife, 9, e50232.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Relie l’intensité ressentie des images à l’excitabilité du cortex visuel, dans les deux sens. Résultat de groupe obtenu en laboratoire.

  17. Palermo, L., Boccia, M., Piccardi, L. et Nori, R. (2022). Congenital lack and extraordinary ability in object and spatial imagery: an investigation on sub-types of aphantasia and hyperphantasia. Consciousness and Cognition, 103, 103360.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Une des rares études qui traite l’extrémité haute comme un objet à part entière, en séparant l’aspect des objets et la représentation de l’espace aux deux bouts du spectre.

  18. Conway, M. A. et Pleydell-Pearce, C. W. (2000). The construction of autobiographical memories in the self-memory system. Psychological Review, 107(2), 261-288.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Modèle théorique du souvenir comme reconstruction au moment du rappel, à partir de morceaux et de ce que la personne est devenue depuis. Sert à dire qu’une scène nette reste assemblée, chez tout le monde.

  19. New, B., Barra, J., Chauvin, A., Huson, N. et Lœvenbruck, H. (2026). Multimodal mental imagery profiles and the prevalence of aphantasia and hyperphantasia in the general population. Cortex, 201, 119-136.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Enquête sur huit canaux sensoriels auprès d’environ 2 000 personnes de 18 à 30 ans au Royaume-Uni. Le goût et l’odorat sont les plus difficiles à convoquer, l’audition la plus facile, et une absence sur un canal s’accompagne souvent d’une pauvreté sur d’autres. Sert à parler des autres sens, et à eux seuls.

Et vous, où vous situez-vous ?

A-Quest interroge l’imagerie mentale sur plusieurs dimensions, bien au-delà de cet axe visuel.