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Hypophantasie

L’image s’allume, vacille et s’éteint

Une forme ou une couleur se lève, faiblement. Vous vous penchez dessus pour la regarder, et c’est fini. L’esprit a bien allumé quelque chose, une étincelle visuelle, trop pâle et trop brève pour qu’on s’en serve.

Ce que ça fait, de l’intérieur

Cette zone du bas du spectre a deux voisines. À gauche, le noir complet. À droite, une image qui tient assez longtemps pour qu’on la tourne et la retouche. Entre les deux, retenir une esquisse demande un effort soutenu, sans garantie, et chaque essai rejoue la même hésitation entre rien du tout et l’imagerie ordinaire.

En quelques points

Combien de personnes
Environ trois personnes sur cent, avec le découpage le plus employé. Davantage dès qu’on abaisse la limite du bas.
Détachée en 2022
Longtemps rangée avec l’absence. Elle a eu droit à sa propre case quand les deux groupes se sont mis à raconter des vies différentes.
Sensible au réglage
Déplacez une frontière d’un point, et des milliers de personnes entrent dans le décompte, ou en sortent.
Deux voisines
La seule zone du bas du spectre qui a une frontière à sa gauche et une autre à sa droite.
Une zone propre
Les données lui donnent une place stable, et la définition commune du domaine la range parmi les façons de fonctionner.

Ce que ça fait, de l’intérieur

Cherchez le visage d’un proche, les yeux fermés. Quelque chose se lève tout de suite, un grain de peau, la ligne d’une mâchoire, le début d’un sourire. Vous tournez le regard vers ce début d’image pour le voir mieux, et il part. Envolé.

Ça, c’est la différence avec l’aphantasie, où rien ne s’allume du tout. Ici l’étincelle existe, elle ne tient pas, c’est tout. Trop courte pour qu’on l’examine, trop fragile pour qu’on la retouche, elle passe au bord de l’attention et fond dès qu’on essaie de la fixer.

La netteté bouge d’une seconde à l’autre, sans prévenir. Un objet familier consent parfois à s’esquisser quand un visage refuse net. Le matin, reposé, une ébauche passe, et le soir la fatigue balaie tout.

Un objet qui traverse la cuisine

Pensez à votre cuisine, puis faites glisser un verre d’un plan de travail à l’autre. Le décor s’esquisse une fraction de seconde, un bout de plan de travail, la porte du frigo. Puis le verre bouge, tout casse, et la scène refuse de tenir la trajectoire.

On se dit souvent qu’avec un peu plus de concentration, l’image tiendrait. Ça paraît logique, et ça ne marche pas, car la volonté n’a aucune prise sur cette volatilité.

Deux frontières serrent ce vécu de près. Si le noir reste total, sans la moindre étincelle, la page de gauche vous décrit mieux. Si la forme reste assez longtemps pour se laisser manier, l’imagerie ordinaire, à droite, prend le relais.

Comment se fabrique une image mentale

Le cerveau fabrique l’image à la demande, pièce par pièce, et il repart de zéro à chaque fois. Aucune photo n’attend dans un tiroir.

Voir et imaginer empruntent les mêmes circuits, en sens inverse. Les yeux ouverts, la lumière touche la rétine et l’information remonte vers l’arrière du crâne. Imaginer part de l’avant, des réseaux de l’attention, et redescend réveiller le cortex visuel sans qu’aucune lumière n’entre.

Trois maillons se passent le relais, et les régions frontales donnent l’ordre. Un relais dans le lobe temporal retrouve de quoi il est question, un visage, une cuisine, un verre, puis les aires visuelles posent le détail de la forme.

Ici, à en croire les récits, la commande part et quelque chose répond. Le départ n’est pas bloqué, et ce qui lâche, c’est la tenue, le signal s’allume, tremble un instant et s’éteint, comme une ampoule sur un mauvais contact.

Où exactement, personne ne sait encore. La neuro-imagerie a presque toujours comparé le noir complet et l’imagerie ordinaire, en sautant ce palier du milieu. Aucune étude n’a encore cartographié l’activité cérébrale propre à cette zone.

Une moyenne de groupes

Ces circuits sortent de moyennes, de grandes tendances observées en laboratoire sur des groupes de volontaires. Ils disent comment une image se construit en général. Le câblage d’une personne en particulier reste hors de portée, et devant un vécu singulier la neuro-imagerie se tait encore.

Au quotidien

L’esprit s’arrange avec ce qu’il a, tout seul, à l’usage, sans consigne. Voici ce que racontent les gens qui vivent là, des habitudes qui se sont installées toutes seules, au fil des années, parce que l’image ne tient jamais assez longtemps pour qu’on s’y fie.

Un effort au rendement incertain
Convoquer l’image coûte cher en concentration, pour un résultat souvent maigre. Beaucoup arrêtent vite de forcer l’affichage et s’appuient sur des repères plus dociles.
Le relais des supports tangibles
Un schéma griffonné, une photo, une note écrite fixent tout de suite la scène que la mémoire visuelle laisse filer. Le papier tient ce que la tête lâche.
Nommer plutôt que contempler
Énumérer ce qui fait un lieu ou un visage, la couleur de la porte, la forme des lunettes, ancre l’information bien mieux qu’une contemplation intérieure qui n’aboutit pas. Les mots prennent le relais du regard.
Des fluctuations imprévisibles
La netteté dépend de la fatigue, de l’heure, du sujet. Chaque essai repart de zéro, et la réussite d’hier ne garantit rien pour demain.
La primauté de l’espace
Retenir où sont les objets et leurs proportions reste facile, même quand leur apparence refuse de venir. La carte mentale se passe des textures.
L’inconfort de l’entre-deux
Se tenir entre l’absence franche et l’imagerie de la grande majorité donne parfois l’impression de n’appartenir à aucune case. La case existe pourtant, et c’est celle-ci.

Des habitudes nées de la pratique

Ces adaptations se mettent en place toutes seules, au fil des années, et chacun a les siennes. Le bilan A-Quest en propose quelques-unes, à partir de vos réponses au questionnaire.

Se souvenir avec une image qui file

De toutes les zones du spectre, c’est ici que les protocoles sur le souvenir ont le moins regardé.

La mémoire de sa propre vie fait deux choses. Elle sait, les faits, les dates, qui était là. Et elle rejoue, en replongeant dans l’épisode de l’intérieur. Quand l’image s’éteint dès qu’elle apparaît, c’est ce second mouvement qui prend une couleur particulière.

Les témoignages parlent de souvenirs qui démarrent puis coupent court. Un pan de mur, un sourire, une lumière, et déjà le récit reprend la main. L’esprit connaît la suite de l’histoire sans avoir besoin de la revoir.

Ce que ça change sur une vie entière, personne ne l’a mesuré. Les études qui font raconter des souvenirs recrutent aux deux bouts du spectre, si bien que les images faibles se retrouvent tantôt rangées avec l’aphantasie, tantôt avec la visualisation ordinaire.

Un trajet en train raconté

Racontez-vous un trajet récent, la traversée de la gare, le quai, les deux heures assis près de la fenêtre. Regardez ce qui accompagne le récit. Une silhouette passe et disparaît, un reflet sur la vitre peut-être, et le décor ne s’installe jamais vraiment.

Reste l’encadrement indirect. Aux deux extrémités, la densité du passé revécu suit en moyenne la vivacité déclarée des images. Au centre de l’échelle, ce lien se relâche nettement.

Cette zone tombe pile entre les deux logiques. Le sentiment de revivre s’évalue donc pour lui-même, sans rien déduire de la netteté des images, et un passé intime peut être très dépouillé ou très habité.

Une question à poser pour soi

Aucun protocole n’a encore fait raconter des souvenirs en ne recrutant que des personnes aux images faibles. Ce que la recherche sait des zones voisines encadre ce vécu sans le remplir. La section « Se souvenir sans rien revoir » de la page aphantasie détaille la méthode et les constats du bas du spectre.

D’où vient le mot

La définition commune du domaine nomme les deux bouts, et elle sert de point d’appui pour situer ce qui se tient entre eux.

Le préfixe hypo dit l’intensité en moins, entre le vide et l’ordinaire. Le mot est arrivé bien après les deux bornes. Il a d’abord fallu baptiser l’absence totale, en 2015, pour que la recherche s’empare vraiment de la question.

Les premières années, les études rangeaient tout le bas du spectre sous une seule étiquette. Puis des chercheurs ont séparé l’absence complète des visualisations fugaces, parce que les deux profils racontaient des vécus différents. De grandes cohortes internationales ont depuis confirmé la coupure.

Un ancien découpage plaçait cette zone plus haut, vers le tiers médian de l’échelle. Les publications récentes l’ont abandonné pour un seuil plus bas. L’ancien usage traîne encore dans certaines synthèses grand public, d’où des chiffres qui semblent se contredire.

La définition commune

L’aphantasie est définie comme « l’absence ou la réduction marquée de l’imagerie sensorielle volontaire », et l’imagerie comme « l’expérience quasi sensorielle d’une chose, le plus souvent quand elle n’est pas là ». L’hyperphantasie en est l’inverse, une imagerie d’une force peu commune, dont on dit qu’elle rivalise avec la vivacité de ce qu’on voit vraiment. Le mot « volontaire » n’est pas là par hasard, puisque des images peuvent surgir sans avoir été appelées, dans un rêve ou en un éclair, même quand rien ne vient à la demande.

Comment on la délimite

Du noir complet à l’image presque tangible, le dégradé est continu. Un trait dessus est une convention, un outil de décompte que les chercheurs posent pour comparer des groupes, et l’esprit glisse le long du dégradé sans rencontrer de marche.

Deux frontières encadrent cette zone, l’une face à l’absence, l’autre face à l’imagerie ordinaire. Le vécu ignore ces lignes, dont le tracé change d’une publication à l’autre. Une lueur jugée négligeable par l’un vaut une image pour l’autre, si bien que deux récits équivalents tombent de part et d’autre du trait, et les statistiques suivent.

Aucun scanner ne tranche. Pour savoir ce qu’une personne voit les yeux fermés, les chercheurs lui demandent, et la croient.

Il n’existe encore aucun biomarqueur, aucun examen radiologique, aucune mesure corporelle assez stable pour remplacer ce récit à l’échelle d’une personne, ce qui laisse A-Quest, comme le reste du champ, dépendant de la même parole. Toute la littérature repose sur cette parole.

Le questionnaire de référence s’appelle le VVIQ. Il fait imaginer seize scènes, chacune notée de 1 à 5, pour un score de 16 à 80. Cette zone occupe le palier juste au-dessus du plancher, juste au-dessus.

Le score note une clarté perçue, comparée à un idéal que la personne n’a jamais vu. Tout près d’un seuil, l’exigence qu’on a envers sa propre tête pèse directement sur la case d’arrivée. L’outil a d’autres angles morts.

Un canal sensoriel exclusif
Le VVIQ ne regarde que la vue. Une imagerie faible peut pourtant toucher la vue et laisser l’oreille ou le toucher intérieurs très vifs.
Une dimension unique
La note sanctionne la netteté, rien d’autre. L’effort pour faire monter la forme, le contrôle qui manque, la vitesse à laquelle tout s’évapore, tout ça reste hors score.
Seize situations arbitraires
Une poignée de scènes du quotidien pour résumer une façon de penser, c’est court, et l’humeur du moment s’y glisse facilement.

Les seuils varient d’un laboratoire à l’autre, et la part de gens rangés ici varie avec eux. Les découpages les plus courants comptent environ trois personnes sur cent.

En abaissant la borne du bas pour y inclure les scores minimaux, d’autres travaux arrivent à près de quatre personnes sur cent, sur des panels neutres. Deux comptes, deux conventions, et c’est tout.

Les repères d’A-Quest sont une autre affaire. Ce questionnaire en français s’intéresse à la diversité des canaux intérieurs, et ses seuils restent des réglages de produit, provisoires, sans rapport avec les conventions de laboratoire citées ici.

Presque aucun questionnaire n’a été écrit pour la zone du milieu. La recherche emprunte, et elle connaît les angles morts de chaque outil.

  • Des échelles empruntées

    Le VVIQ a une version révisée, le VVIQ-2, traduite en français. À côté, le Psi-Q note sept canaux sensoriels et le SUIS s’occupe des images qui surgissent toutes seules. Aucune de ces grilles n’a été conçue pour distinguer une étincelle fugace d’un noir complet.

  • Chronométrer une comparaison

    Lequel des deux animaux est le plus gros ? Répondre demande une manipulation mentale, et le temps de réponse la trahit, sans passer par un jugement sur soi.

  • Ce qui reste à concevoir

    Séparer le néant d’une ébauche ne dit rien de la stabilité dans le temps. Tout l’enjeu de cette zone, c’est la tenue de l’image, et les tests actuels l’effleurent sans la mesurer.

Ce qu’A-Quest cherche à apporter

Le questionnaire A-Quest explore plusieurs canaux sensoriels, l’effort d’attention, le contrôle et les apparitions involontaires. L’idée est de rattraper des nuances qu’un score global unique écrase. La consolidation scientifique est en cours.

Ce qu’on sait, et ce qu’on ignore

Identifiée récemment, cette zone est de loin la moins documentée du spectre. Quelques travaux commencent à en dessiner les contours.

  • Une rupture inattendue en bas du spectre

    Les chercheurs attendaient une difficulté qui grimpe à mesure que la vivacité baisse, en ligne droite. Sur près de 1 500 participants, la ligne casse tout en bas. Le groupe aux images faibles se montre plus vulnérable que celui qui ne visualise rien du tout.

  • L’hypothèse d’un appui instable

    Une explication se dessine. Quand il n’y a aucune image, l’esprit s’appuie d’emblée sur des repères verbaux ou spatiaux qui marchent. Quand l’image est faible, il sollicite une ébauche qui se dérobe, et cette insistance coûte, en fatigue et en effort, sans qu’il y ait un déficit émotionnel en soi.

  • La justification du découpage

    C’est pour ce genre de cassure qu’on a proposé de séparer les deux zones basses. Rangées ensemble, l’absence et les images pâles se masquaient l’une l’autre, et l’aphantasie héritait de fragilités qui ne sont pas les siennes.

  • Les chantiers scientifiques ouverts

    La plupart des mécanismes restent à explorer. Les premiers protocoles regardaient les deux bouts du spectre, et l’intérêt des équipes grandit pour ce palier, qui en dit long sur la façon dont le signal visuel tient, ou ne tient pas.

Un socle empirique récent

Les observations directes sur cette zone tiennent sur un petit nombre d’études et de mesures. Le reste se déduit, par encadrement, de ce qu’on sait des deux extrémités. Apporter des données propres à ces profils du milieu, c’est le travail des protocoles en cours.

Les dimensions voisines

Le spectre ne mesure qu’une chose, l’image visuelle qu’on fait venir sur commande. Autour, plusieurs facultés se confondent avec elle, parce qu’elles servent dans les mêmes situations de tous les jours.

Chacune a son propre réglage. Une imagerie volontaire faible laisse chacune grande ouverte, riche ou discrète selon les personnes, et si certaines se rencontrent plus souvent en retrait vers le bas de l’échelle, aucune n’en découle mécaniquement.

Les images qui surgissent sans invitation

Un décor qui se lève au fil d’un roman, un souvenir qui tombe sans prévenir, une vision au bord du sommeil, rien de tout ça n’a été demandé. Cette page parle de l’imagerie volontaire, celle qu’on appelle exprès. Des images très nettes peuvent passer toutes seules chez quelqu’un dont les images commandées restent pâles, et ce contraste, fréquent, ne change rien à la place sur l’axe.

Les rêves nocturnes
Le rêve passe par d’autres circuits que la commande volontaire. Des rêves très vifs et colorés se racontent régulièrement dans cette zone.
Le repérage spatial
Mémoriser le plan d’un bâtiment, se retrouver dans une ville, deviner si le canapé passera la porte, c’est de la perception spatiale. Les dessins de mémoire confirment que la géométrie mentale se détache de l’apparence.
Le souvenir revécu
Connaître le déroulé d’un événement et se sentir replongé dedans sont deux opérations. La section sur le souvenir, plus haut, s’en occupe.
La reconnaissance des visages
Peiner à reconnaître tout de suite un visage familier revient souvent dans les échanges. Ça va plus souvent avec le bas du spectre que le hasard ne le voudrait, et ça reste un trait à part.
Les autres registres sensoriels
Une voix intérieure, une mélodie, une odeur, une sensation sur la peau, chaque canal a sa propre intensité. Une vue pâle peut cohabiter avec une oreille très nette, même si un canal faible en annonce souvent d’autres.

Les malentendus les plus courants

Six phrases qu’on entend souvent à propos de cette zone. Les trois premières la réduisent à ses voisines, les trois suivantes en tirent des conclusions qui ne tiennent pas.

  • « C’est une petite aphantasie. »

    Une trace qui passe et un noir total sont deux vécus. Les chercheurs ont séparé les deux zones précisément pour ça, parce que les récits ne se ressemblaient pas.

  • « C’est une imagerie ordinaire, en un peu terne. »

    L’imagerie ordinaire tient. On peut la scruter, la tourner, la retoucher. Ici l’apparition est trop brève pour qu’on lui fasse quoi que ce soit, et une image qui s’éteint ne ressemble en rien à une photo assombrie.

  • « Vous n’essayez pas assez fort. »

    L’effort allume correctement les régions de l’attention. Le signal, lui, ne se maintient pas dans le cortex visuel. Forcer n’ajoute pas un gramme de netteté et fabrique surtout de la frustration.

  • « C’est une forme légère d’un trouble. »

    Le spectre ne décrit aucune pathologie, rien à soigner. Les termes scientifiques nomment des variations naturelles de l’esprit humain, sans hiérarchie entre elles.

  • « Les images finiront par se renforcer. »

    La clarté varie avec le repos et le contexte. Le profil de fond, lui, reste ce qu’il est, et aucun entraînement miracle n’est à vendre ici.

  • « C’est une zone inventée pour arrondir les chiffres. »

    La distinction est née d’un problème de données. Tant que les deux zones basses étaient fusionnées, certains résultats restaient inexplicables. Séparées, elles ont donné des courbes cohérentes et deux profils distincts.

Questions fréquentes

  • Comment savoir de quel côté je me situe ?
    Fiez-vous à la tenue de l’image plutôt qu’à un chiffre. Si aucune forme ne vient jamais, la page consacrée à l’aphantasie décrit votre quotidien. Si l’ébauche se laisse stabiliser et modifier, vous êtes déjà dans l’imagerie ordinaire. Regardez la tenue plutôt que le score.
  • Pourquoi ce terme reste-t-il si peu connu ?
    Le mot a été posé récemment, pour répondre à un besoin de méthode. La section sur l’origine du vocabulaire raconte comment la recherche a fini par donner sa case à cette zone du milieu.
  • Le constat sur la vulnérabilité émotionnelle me concerne-t-il ?
    Le constat décrit une moyenne de groupe, dont chaque personne s’écarte à sa façon. L’hypothèse est celle d’un appui instable, l’esprit insiste sur une image qui se dérobe, là où il gagnerait à s’appuyer d’emblée sur des repères verbaux ou logiques.
  • Les autres sens fonctionnent-ils de la même manière ?
    Chaque sens s’évalue pour son propre compte. Le mot s’applique aujourd’hui à tous les canaux intérieurs, alors que ce spectre s’en tient à la vue.
  • Mes souvenirs personnels sont-ils altérés ?
    La recherche manque encore de recul sur cette question précise. Savoir raconter son histoire et revivre la scène de l’intérieur sont deux registres, et la section sur le souvenir dit ce qu’on en sait.
  • Comment expliquer cette expérience à son entourage ?
    Faites-leur faire le verre qui traverse la cuisine. Puis racontez ce qui se passe chez vous, une esquisse qui s’allume et s’éteint aussitôt. C’est plus parlant qu’un long discours.
  • Faut-il s’inquiéter de cette particularité ?
    Non. Une place sur cet axe décrit une façon de fonctionner, sans danger ni gravité. Si une fatigue ou une difficulté vous pèse au fil des journées, l’encadré en haut de page vaut aussi pour ça.

Les zones à côté

  • AphantasieÀ gauche, l’extrémité où rien ne se forme, même une fraction de seconde. Hésiter entre les deux pages est fréquent, car la limite se joue sur une trace que l’un jugera négligeable et l’autre visible.
  • PhantasieÀ droite, la zone du centre, celle de la grande majorité des gens. L’image tient assez pour être parcourue, gardée un instant et retouchée. Beaucoup de profils qui se disent « pas très visuels » s’y reconnaissent.
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Sources

Les travaux dont on s’est servi pour écrire cette page. La mention après chaque référence dit ce qu’elle permet d’affirmer.

Mise à jour le · 18 septembre 2026

  1. Wright, D. J., Scott, M. W., Kraeutner, S. N. et collègues (2024). An international estimate of the prevalence of differing visual imagery abilities. Frontiers in Psychology, 15, 1454107.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Estimation internationale en quatre zones, sur 3 049 personnes puis sur un ensemble regroupé de 9 063 personnes. Tous les pourcentages cités sur ces pages viennent de cet échantillon.

  2. Dance, C. J., Ipser, A. et Simner, J. (2022). The prevalence of aphantasia (imagery weakness) in the general population. Consciousness and Cognition, 97, 103243.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Estimation obtenue auprès de personnes venues pour tout autre chose que le sujet, avec un seuil large qui mêle absence et images faibles.

  3. Jin, F., Hsu, S.-M. et Li, Y. (2024). A systematic review of aphantasia: concept, measurement, neural basis, and theory development. Vision, 8(3), 56.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Revue systématique des définitions concurrentes, des instruments et des limites méthodologiques du champ. Utile pour cerner ce qui reste ouvert.

  4. Monzel, M., Mitchell, D., Macpherson, F., Pearson, J. et Zeman, A. (2022). Proposal for a consistent definition of aphantasia and hyperphantasia. Cortex, 152, 74-76.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Prise de position collective sur la définition des deux extrémités. Texte court de discussion, cosigné par plusieurs équipes du domaine.

  5. Liu, J., Zhan, M., Hajhajate, D., Spagna, A., Dehaene, S., Cohen, L. et Bartolomeo, P. (2025). Visual mental imagery in typical imagers and in aphantasia: a millimeter-scale 7-T fMRI study. Cortex, 185, 113-132.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Imagerie cérébrale à très haute résolution pendant une tâche d’imagerie volontaire. Décrit un relais temporal et sa mise en relation avec les régions de contrôle, au niveau des groupes.

  6. Dawes, A. J., Keogh, R., Robuck, S. et Pearson, J. (2022). Memories with a blind mind: remembering the past and imagining the future with aphantasia. Cognition, 227, 105192.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Récits écrits de six épisodes passés et six épisodes à venir, notés détail par détail, auprès de 30 personnes et 30 témoins appariés. La réduction porte surtout sur l’avenir et sur le détail perceptif.

  7. Greenberg, D. L. et Knowlton, B. J. (2014). The role of visual imagery in autobiographical memory. Memory & Cognition, 42(6), 922-934.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Trois expériences. Dans la tranche ordinaire de l’échelle, la vivacité déclarée prédit mal la richesse du passé revécu, et c’est l’habitude d’y recourir qui pèse davantage. Antérieur au vocabulaire du spectre.

  8. Zeman, A., Dewar, M. et Della Sala, S. (2015). Lives without imagery, congenital aphantasia. Cortex, 73, 378-380.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Lettre qui introduit le mot « aphantasie », à partir du cas d’un patient ayant perdu son imagerie visuelle. À citer pour le vocabulaire qu’elle fonde.

  9. Blomkvist, A. et Marks, D. F. (2023). Defining and “diagnosing” aphantasia: condition or individual difference? Cortex, 169, 220-234.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Critique argumentée des seuils retenus dans la littérature, cosignée par l’auteur du questionnaire de référence. Sert à dire que les frontières sont des conventions discutées.

  10. Marks, D. F. (1973). Visual imagery differences in the recall of pictures. British Journal of Psychology, 64(1), 17-24.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Article fondateur du questionnaire de vivacité de l’imagerie visuelle. Rappelle que l’outil mesure un ressenti déclaré, et qu’il a été conçu pour comparer des personnes entre elles.

  11. Suggate, S. P. (2024). Beyond self-report: measuring visual, auditory, and tactile mental imagery using a mental comparison task. Behavior Research Methods, 56(8), 8658-8676.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Article de méthode, qui montre que l’échelle visuelle de référence s’en tient à un sens et à une poignée de scènes, et propose une tâche chronométrée pour la remplacer. Sert à parler des limites des questionnaires.

  12. Ceschi, G. et Pictet, A. (2018). Questionnaire sur la vivacité de l’imagerie visuelle, version 2 en français, annexe 7 de Imagerie mentale et psychothérapie. Mardaga.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Version francophone de l’instrument, utile pour comparer les formulations. Annexe d’ouvrage, seule référence de cette liste sans identifiant DOI.

  13. Andrade, J., May, J., Deeprose, C., Baugh, S.-J. et Ganis, G. (2014). Assessing vividness of mental imagery: the Plymouth Sensory Imagery Questionnaire. British Journal of Psychology, 105(4), 547-563.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Validation d’un questionnaire qui note la vivacité déclarée sur sept canaux sensoriels, comparé au VVIQ-2 et à l’échelle des images spontanées. Sert à décrire le paysage des instruments.

  14. Delem, M., Mas, M., Luminet, O., Plancher, G. et Ruby, P. (2026). The linear relationship between visual imagery and alexithymia breaks when imagery is absent. Peer Community Journal, 6, e79.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Regroupement de 1 478 personnes, dont 147 décrivant une absence complète et 141 des images faibles. Montre que la relation cesse d’être régulière tout en bas du spectre.

  15. Zeman, A. (2024). Aphantasia and hyperphantasia: exploring imagery vividness extremes. Trends in Cognitive Sciences, 28(5), 467-480.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Synthèse récente des deux extrémités. À l’échelle des groupes, le souvenir revécu tend à s’amincir en bas du spectre et à s’enrichir en haut.

  16. New, B., Barra, J., Chauvin, A., Huson, N. et Lœvenbruck, H. (2026). Multimodal mental imagery profiles and the prevalence of aphantasia and hyperphantasia in the general population. Cortex, 201, 119-136.(s’ouvre dans un nouvel onglet)

    Enquête sur huit canaux sensoriels auprès d’environ 2 000 personnes de 18 à 30 ans au Royaume-Uni. Le goût et l’odorat sont les plus difficiles à convoquer, l’audition la plus facile, et une absence sur un canal s’accompagne souvent d’une pauvreté sur d’autres. Sert à parler des autres sens, et à eux seuls.

Et vous, où vous situez-vous ?

A-Quest interroge l’imagerie mentale sur plusieurs dimensions, bien au-delà de cet axe visuel.